Nebay Artiste Graffeur
Un parcours forgé dans la rue
Né en 1973 au Kremlin-Bicêtre, en banlieue parisienne, Nebay grandit dans un environnement où les murs parlent. Très tôt, il s’intéresse aux signes laissés dans la ville, à ces marques anonymes qui composent une autre forme d’écriture. Il découvre le graffiti comme d’autres découvrent un langage.
En rejoignant le collectif JCT – Je Cours Toujours – il trouve un terrain d’expression et une communauté. À travers ce groupe, il apprend à occuper l’espace, à travailler la lettre, à jouer avec la vitesse, la répétition, l’empreinte.
Des influences croisées
Nebay ne se limite pas à la rue. Il regarde ailleurs, cherche des échos dans d’autres formes d’art. Il se reconnaît dans l’énergie brute de JonOne, dans la maîtrise de la forme chez Mode 2. Il explore l’abstraction à travers Jackson Pollock, capte les rythmes colorés de Sam Francis. Ces univers différents s’invitent dans son travail, sans hiérarchie, en mouvement constant.
Chez lui, la lettre se déstructure, la ligne se libère. Le geste devient trace, parfois éclaboussure, parfois calcul. Chaque pièce naît d’une tension entre maîtrise et lâcher-prise.

Une pratique en expansion
Le graffiti est pour Nebay un point de départ. Il décline ses recherches à travers différentes techniques : le tag, le flop, le block, le freestyle, le dripping, l’affiche, la double toile. Son champ d’action s’étend, tout en gardant un ancrage fort dans l’écriture urbaine.
Il construit des compositions denses où lettres, chiffres et signes s’enchevêtrent. Le regard du spectateur est invité à chercher, à déchiffrer. Ce qui semble chaos devient langage.
Le voyage comme prolongement du geste
En 2002, Nebay quitte Paris pour un voyage à travers la Russie, la Mongolie, la Chine. Ce déplacement ouvre une nouvelle séquence dans sa pratique. Il s’imprègne des rythmes d’ailleurs, collecte d’autres matières, d’autres énergies.
À son retour, il lance une série de 100 affiches numérotées. Il les colle dans les abribus de la ville. Ce geste simple, répété, transforme le mobilier urbain en support de diffusion artistique. L’espace public devient un atelier à ciel ouvert.
Un nom dans la ville
Le nom de Nebay est visible sur les murs, sur les toiles, sur les vitres. Il continue de peindre, d’afficher, de taguer. Son rythme reste soutenu, sa recherche se prolonge. Il ne cherche pas la signature pour elle-même, mais le dialogue avec le regard.
Son travail circule entre le visible et le crypté, entre l’impulsif et le construit. Il invite à regarder autrement ce qui nous entoure.